mercredi 8 juin 2016

Nao-Expo (Florian)

Graphiste, enseignant en infographie à Saint-luc, peintre… les casquettes de Florian Caucheteux se multiplient ! Et à celles-ci s’ajoute - depuis fin novembre 2015 - celle de programmateur artistique pour la galerie Nao-Expo, rue Thier Mère-Dieu. C’est d’ailleurs là qu’il me reçoit pour m’en dire davantage sur cet endroit et les projets à venir.





Une rencontre prometteuse

Au départ, tout commence par une bonne idée de la maman de Florian : « Mes parents habitent près de l’hôtel de ville, ma mère m’a dit qu’une nouvelle galerie allait ouvrir et elle m’a proposé d’aller montrer mes réalisations. Je les ai présentées à Christophe Mourad et directement on s’est entendu pour une première date d’exposition qui coïnciderait avec l’inauguration de la galerie ».

Mais l’aventure ne s’arrête pas là pour Florian puisqu’il va directement s’intéresser à l’avenir de la galerie et très vite, Christophe le laissera gérer le planning, les sélections artistiques et la communication de l’exposition : rien que ça !


Un succès rapide mais contrasté 

Depuis son ouverture, les artistes s’enchainent à un point tel que la galerie a déjà du refuser certaines propositions. Florian fonctionne beaucoup au coup de cœur mais il faut aussi que l’artiste remplisse deux critères indispensables pour pouvoir exposer : avoir une cohérence dans le travail et une production suffisante pour savoir remplir la galerie.

« On essaie de varier les styles, de représenter différents mouvements : le précédent exposant avait une forte tendance asiatique, ici avec Jean Douilliez on a une tendance printanière, voire aérienne, mais on a aussi eu du street art par exemple ».

Malheureusement, Florian constate une forte différence de fréquentation lorsqu’il expose des artistes de la région ou non.

« Nous n’avons pas de limites géographiques et c’est une difficulté de faire venir les Verviétois pour des artistes qui ne sont pas de leur région. On a fait une exposition d’un peintre de Theux et là on a eu énormément de monde mais ici on fait l’exposition de Jean Douillet, un peintre de Mons, et jusque maintenant on a moitié moins de fréquentation. On y dépense pourtant la même énergie… ».

Le concept de l’exposition « I Love Verviers »

En janvier, Florian a lancé un appel à candidatures et sélectionné huit artistes de la région verviétoise, tous domaines confondus, pour les réunir en une seule et même exposition durant l’été sous le nom « I Love Verviers ».

Pour logo : un ambigramme aux couleurs de la ville 
« Le nom est fait exprès. Tout le monde critique la ville en ce moment, mais si on ne propose pas de projets positifs ça n’ira jamais. Donc on s’est dit : pourquoi pas la redynamiser avec ce genre d’initiatives culturelles ? »

Les organisateurs ont bon espoir que cet événement soit une réussite et puisse être renouvelé chaque année.

Des concepts ponctuels à côté des expositions

Florian a vite compris qu’il était important de proposer également des expositions temporaires pour renouveler continuellement l’offre de la galerie.

« Le week-end du 11 novembre, on va faire une performance avec LGH qui va réaliser une expo pour les aveugles. Il n’est pas impossible qu’on occulte toute la galerie et que les personnes doivent toucher les œuvres pour les comprendre ».

Il y a peu, la galerie avait également été mise à disposition des élèves de l’Athénée Verdi pour qu'ils y exposent leurs oeuvres, une initiative qui avait rencontré un large succès ! 

> Si toi aussi, tu as une production artistique à proposer à la galerie <

Pour 2017, huit dates sont planifiées afin d’exposer les artistes sur une durée suffisamment importante. Sur le site internet de la galerie, tu peux trouver un formulaire pour remplir ta candidature si tu veux tenter ta chance d’être exposé à ton tour chez Nao-Expo.


En pratique :
La page facebook :Nao-Expo
Le site internet : http://www.nao-expo.be/

Les artistes qui exposeront à « I Love Verviers » du 1er juillet au 26 août

LGH : performer freestyler, propose des créations à base de bois qu’il récupère. Seul leitmotiv, donner une seconde vie à des objets destiné à la casse.

Julien Haenen : sculpteur, diplômé de l’académie des Beaux-arts de Liège et de l’ESA Liège, ce jeune Stembertois propose une œuvre où le mariage des matériaux inertes insuffle la vie et l’énergie.

Carine Charlier : autodidacte, cette artiste de Grand-Rechain propose une sculpture remplie de romance et d’angélisme.

Julight : plasticienne, la Verviétoise Julie Lange est passée par les Arts Verdi et vous illuminera avec ses créations à base de métal et de terre.

Nathalie Pagnoulle : artiste peintre autodidacte, elle propose des toiles très colorées avec des jeux d’ombres et de lumières. Un voyage dans les profondeurs de l’abstraction.

Gaspard Talmasse : illustrateur professionnel, ce jeune artiste de Heusy vous proposera des créations remplies d’émotions. La dynamique de ses compositions graphiques vous permettra de vous évader.

Nathalie Van As : peintre theutoise, travaille la gouache et le pastel. Chaque forme et chaque couleur est utilisée de façon symbolique pour représenter des personnes ou des moments qui ont compté dans sa vie.

Gui Lebeau : artiste peintre confirmé, la peinture de cet artiste vous évoquera l’univers des grottes de Lascaux. La particularité de ses créations se situe dans le choix de son support, à savoir le bois récupéré.


Florkey : plasticien graphiste, il vous proposera une relecture infographique de valeurs bancaires obsolètes.

lundi 6 juin 2016

Nicolau-Compère (Nicolas)


Ce mercredi, je me suis rendue Pont du Chêne, à l’épicerie fine Nicolau-Compère. Une fois la porte poussée, je découvre Nicolas et sa maman qui s’affairent au service des nombreux clients. Nicolas m’invite alors à l’attendre à côté et me rejoint, plein d’entrain et souriant, pour me parler de l’entreprise familiale.




Une entreprise familiale...

Cette épicerie fine est la plus ancienne de Verviers. Elle fut créée sous le nom de Jardin Espagnol en 1923 par l’arrière-grand-père de Nicolas, et était établie rue Crapaurue.

« Puis très vite, ils ont ouvert ici (Pont du Chêne) et à Eupen (en face de l’église Saint-Nicolas). Comme il y avait trois enfants, les établissements ont été répartis entre eux et mon grand-père a repris celui-ci ».

Au départ, la vente se ciblait sur les fruits, les légumes et les conserves, mais les grands-parents vont amener avec eux la vente de poissons, de gibiers et de volailles. En 1980, ils innovent encore en démarrant un service traiteur. Depuis, l’offre de base est restée la même, tout en proposant souvent de nouveaux services comme les glaces artisanales maisons ou les pains garnis.

Nicolas représente la quatrième génération et son entrée dans le commerce s’est faite un peu par hasard : « Bien entendu, j’avais des envies puisque je suis issu d’une famille de commerçants, autant du côté paternel que maternel. Un jour notre chauffeur-livreur n’a plus pu assurer le service et ma mère m’a proposé de le remplacer le samedi matin, pour les livraisons à domicile. J’ai accepté et, petit à petit, j’y ai pris goût ».

Il faut dire que Nicolas a vécu durant dix-huit ans au-dessus du commerce et a côtoyé de près le magasin et ses clients réguliers.

... qui traverse le siècle...

Dans sept ans, l’établissement soufflera ses cent bougies : une véritable réussite pour l’entreprise familiale !

« Comme dans tous les commerces verviétois, on vit grâce à notre clientèle fidèle. Quand un ancien part à l’heure actuelle, c’est dur de le remplacer. Si d’autres enseignes n’ont pas subsisté, c’est déjà parce que peu de gens sont restés dans la même famille, et d’autres parce qu’ils ont été rachetés. Certains n’ont pas souhaités reprendre le commerce car c’est un choix de vie assez contraignant. Et puis, je crois que comme dans tout, il y a le facteur chance aussi… ».

... en restant ancré à Verviers.

Quand je lui demande s’il a déjà imaginé la possibilité de déplacer le magasin ailleurs, Nicolas est formel : « On me dit souvent que si j’allais ailleurs qu'à Verviers ça fonctionnerait encore mieux mais je ne crois pas. Celui qui a envie et qui veut venir chez moi, il vient. Voici neuf mois que je suis là, et il y a encore des nouveaux visages, qui viennent voir s’il y a du changement avec la nouvelle génération qui arrive et surtout, ils se rendent compte que, oui, on existe toujours ! ».

Un dernier mot ?

« Osez la différence pour créer la préférence », voilà qui résume assez bien, selon Nicolas Grandjean, l’histoire de l’épicerie familiale.



En pratique
La page facebook :Nicolau-Compère
Le site internet : http://nicolau-compere.be/fr


Pont du Chêne, 12 – 4800, Verviers
Téléphone : 087/33.58.89
Ouvert le mardi, mercredi, vendredi et samedi de 9h à 18h

vendredi 3 juin 2016

Badjawe (Claire)

On a vite fait d’oublier cette météo maussade une fois qu’on rencontre Claire Hennen ! Tout sourire, elle m’a reçue chez elle pour discuter de Badjawe, ses créations graphiques originales qui mêlent motifs en vogue et expressions wallonnes.

L’idée de départ, c’est un clin d’œil aux amis bruxellois qu’elle a côtoyé durant ses études : « J’utilise encore beaucoup ces expressions et quand j’étudiais à Bruxelles, on me le faisait souvent remarquer ».

Claire a étudié à l’Ihecs (Bruxelles) en animation socio-culturelle et éducation permanente et travaille aujourd’hui comme chargée de projet dans une organisation de jeunesse. Pendant son congé parental, elle se lance dans la création de faire-part de naissance pour des amis et se perfectionne dans ce domaine. De retour au travail, la boite fait l’acquisition d’une machine à badges et là… le coup de foudre ! Ou du moins, le démarrage d’un délire perso : la réalisation d’aimants pour frigo avec des expressions wallonnes !


Du côté du design, l’inspiration ne manquait pas : « je regarde beaucoup dans la mode pour enfants, il y a énormément à y trouver ! Je puise dans la décoration, les coussins, les papiers peints et aussi les motifs scandinaves. Je voulais que le produit puisse se marier avec le reste de la maison ».

Aujourd’hui, Claire a décliné son concept humoristique à d’autres objets (badges, miroirs, décapsuleurs) et à d’autres villes (Mons, Charleroi, Namur, Tournai, Bruxelles). L’ampleur qu'a pris cette aventure lui permet de rencontrer du monde et de découvrir à quel point son amusement de départ est partagé par les personnes qui lisent les badges pour la première fois.

« À Charleroi, c’était marrant car ils étaient tous morts de rire avec certaines expressions comme par exemple  Pus pont di liârds (plus d’argent), ça les faisait tous rire énormément ».


Quitte à faire rire avec ses créations, elle espère que cela pourra aussi contribuer à redonner vie au wallon : « Sans que cela fasse cheap, je souhaite que ça reste abordable pour que tout le monde puisse décorer chez soi et rire autour de ça. Je me suis rendue compte qu’il y avait une réelle réflexion sur l’avenir du wallon et je me suis dit qu’il ne fallait pas que ça s’arrête car personnellement j’y suis très attachée ».

Les éditions spéciales
Pour la fête des pères ainsi que pour la fin d’année scolaire, Claire réalisera des éditions spéciales avec des expressions ciblées sur ces deux thèmes.
Elle planche aussi sur un projet possible d’édition spéciale pour enfants.




En pratique :
Le site internet : http://badjawe.com/
Les points de vente verviétois : l’Office du Tourisme, Au Fil d’Ariane, Pouce et Compagnie

Les autres points de vente sont disponibles sur le site de Badjawe, ainsi que le catalogue complet et détaillé de toutes les créations

mercredi 1 juin 2016

Festival Libertad (Malik)

Ce lundi, j’ai pu discuter avec Malik Ben Achour du Festival Libertad dont la première édition se tiendra ce samedi 4 juin, place du Martyr : l’occasion d’en savoir davantage sur ce projet !


Le Festival Libertad, c’est un peu la version 2.0. du festival « Verviers en couleurs » (rebaptisé, en 2012, « Verviers en fête »). L’idée de la première version du festival, lancée au début des années 2000, était d’organiser une fête multiculturelle avec de la nourriture du monde et de la musique. Aujourd’hui, Malik Ben Achour reprend l’événement et compte bien lui donner un second souffle.

« J’ai voulu réaffirmer clairement les valeurs fondamentales de l’événement, en l’occurrence celles de vivre ensemble, et plus précisément d’égalité, de liberté, de solidarité et d’antiracisme. L’idée est donc de proposer un événement divertissant mais proposant aussi du sens, du contenu ».


Les organisateurs ont également voulu monter l’événement en puissance en amenant de la qualité. Ainsi, le village culinaire et l’affiche musicale sont conservées mais cette dernière propose deux têtes d’affiche importantes (Starflam et Les R’tardataires) et d’autres groupes variés (reggae, ska, musique africaine). A cela s’ajoutent quelques nouveautés : des arts de la rue, des arts urbains (rampe de skateboard avec son et lumière) ou encore une exposition sur la question des migrants… Le Theutois Simon Raket, notamment, présentera ses « spoken words » en plusieurs interventions sur scène tout au long de la journée.

« On proposera également une conférence, mais pas au sens classique, plutôt comme un échange d’idées, le but étant de faire ça en ville et de sortir des murs pour aller vers une diffusion d’idées inscrites au cœur du tissu urbain. Les gens qui passeront pourront s’arrêter et participer au débat ».

Le nom « Libertad » sublime la dimension engagée, fil rouge de l’événement.

« En fond de scène, il y aura une grande bâche avec nos valeurs Egaux, libres et solidaires ainsi que le slogan du festival : Festival Libertad, engagé pour une société inclusive et fraternelle ».



En pratique :
Où ? Place du Martyr           
Quand ? Le 4 juin 2016, dès midi
Combien ? Entrée gratuite

12h45 : Guess What          
14h50 : Comity Roots Reggae
15h30 : échange d’idées « Les enjeux de l’anti-racisme aujourd’hui »
16h40 : Starflam
18h40 : Touko Sari
20h45 : les R’tardataires

Toute la journée : cuisine du monde, animations diverses, arts urbains, arts de la rue, exposition du CIRE (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Immigrés) « Les migrants belges d’hier, un miroir pour aujourd’hui… », et un petit film d’animation pour enfants « Une girafe sous la pluie » afin de les sensibiliser sur l’accueil des migrants et des demandeurs d’asile.


Les partenaires : Kenya for Child, Bondeko, Espoir, Centre Femmes/Hommes Verviers, Ré-Kréation, Maison des jeunes de Hodimont, Centre Culturel de Verviers, Terra Incognita, Verviers Palestine, Philippines, Paroles, Amonsoli, Centre Culturel des Alévis de Verviers, ABEC, UNIA, MJ Récollets, CRVI...


Liens internet :