dimanche 3 juillet 2016

DBC Wool et Lanado (Dominique)

La chaleur de la laine et le sourire de Dominique Blandiaux, voilà ce qui m’attendait lorsque j’ai passé la porte de l’entreprise DBC Wool. Discrètement située au 221 de l’Avenue du Chêne, elle existe pourtant depuis 1938 et prospère encore à ce jour.

On s’installe au milieu des coussins, des édredons et de la laine, et Dominique me raconte avec passion l’histoire de son entreprise familiale.





Une histoire de famille et de cœur

Echantillons de laine des clients de DBC Wool
« Je suis née dans la laine. Mon papa étant lainier, il rentrait à la maison et voulait qu’on devine s’il nous présentait du synthétique ou de la laine. On devait tout connaitre et on ne pouvait pas acheter autre chose ! Pour moi, la laine, c’est quelque chose que j’aime vraiment et je suis persuadée du produit »

Le papa de Dominique travaillait avec toute une équipe en tant que négociant en laine mais il s’occupait également de la transformation (réaliser des mélanges, les laver, appliquer des traitements spécifiques). Son cousin travaillait avec son père et fut longuement formé aux techniques de la laine.

« Moi, je suis arrivée un peu plus tard et je me suis surtout occupée d’ouvrir l’entreprise en termes de visibilité, de communication, de marketing. Il fallait trouver les nouveaux marchés et pour cela, de nouveaux produits, donc orienter la société afin qu’elle suive son temps. Je me consacre donc entièrement à la vente »


DBC Wool, c’est quoi ?

DBC Wool s’adresse à des clients partout dans le monde qui sont intéressés par l’achat de la laine en gros (donc déjà lavée et traitée). D’ailleurs, DBC Wool n’est pas vendue en Belgique.

« On vend à des entreprises fabriquant des matelas, des oreillers, des couettes car notre laine est adaptée à ce produit. Mais il n’existe plus ce type d’entreprises en Belgique donc on est quasiment à 100% d’exportation ».

La quantité de laine belge est trop faible par rapport à la quantité nécessaire pour la production de gros volume, c’est pourquoi DBC Wool ne travaille pas avec de la laine belge.

« En étant au début de la chaine, les marges sont toutes petites, donc on doit produire d’énormes volumes. On lave 1000 tonnes de laine par an. Elle est importée de toute l’Europe pour être traitée et ensuite réexportée ».

C’est en Asie que la marque trouve ses plus gros clients. Sa notoriété est reconnue internationalement, notamment grâce à leur proximité avec le client et leur travail sur-mesure pour chaque commande.


Une marque en constante évolution

La marque a du évoluer avec son temps : avant elle s’occupait des tapis mais il a fallu réagir lorsque le marché s’est effondré et la reconversion s’est tournée vers la literie.

Avant que l’industrie du textile ne s’écroule, la concurrence était encore rude à Verviers, laissant place à une petite « guerre » entre commerçants.

« On devait se taire si on avait une nouvelle idée. Les informations restaient enfermées. Le problème, c’est qu’avec ça, les clients ne savaient pas ce qu’on proposait »

Ce problème est révolu aujourd’hui, essentiellement grâce au site internet et aux divers communiqués qu’a réalisé Dominique pour faire savoir ce qu’ils vendent à leurs clients.

Mais deux autres constats à propos de leurs produits en vente avaient le don de frustrer Dominique…

« Lorsqu’on me demandait où trouver la laine dont je vantais tant les mérites, je devais répondre qu’on ne vendait pas en Belgique (…) et également, j’étais frustrée de ne pas acheter de la laine belge pour confectionner nos produits »


Lanado, la literie en laine haute gamme pour le particulier, en vente en Belgique !

Le problème, à l’époque, était que les éleveurs n’avaient pas cette « culture » de la laine. Au même moment, Dominique rencontre des gens de la FICOW (Fédération Interprofessionnelle Ovine et Caprine Wallonne) et constate qu’une filière de la laine a envie de naitre. Intéressée également par l’idée de mettre en place un réseau de laine belge, elle se fixe comme objectif de réapprendre aux éleveurs et aux fournisseurs tout le nécessaire pour cela.

« On est en 2010. On a fait une première collecte test, beaucoup de réunions, de l’écolage et également instauré une relation de confiance à l’égard de DBC Wool. Au bout de deux ans, la qualité de laine était bonne et j’ai confectionné un premier produit 100% belge en utilisant notre savoir-faire de lavage. C’est un produit moderne, très haut de gamme, qui fait taire l’idée selon laquelle la laine, ça serait moche et que ça gratte ».

Ce produit 100% belge, c’est Lanado. Il est confectionné à partir de six points de collecte dans toute la Belgique. Ce produit s’adresse enfin à des particuliers, intéressés par des produits en laine réalisés en circuit-court.

Dominique a de la suite dans les idées

Pour l’avenir, Dominique va également proposer une couette bio, des couvertures de couleurs et également une gamme bébé pour changer du synthétique et du polar.


En pratique : 
Site web : DBC Wool
La page de Lanado : Lanado




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